💡 Pas le temps de tout lire ? Voici l’essentiel :
- Les grilles de salaire dans la police reposent sur un enchaînement simple : grade → échelon → indice majoré (IM) → traitement indiciaire.
- Le traitement indiciaire n’intègre pas les primes : ISSP, indemnité de résidence (0 % / 1 % / 3 %), sujétions de nuit/dimanche s’ajoutent au brut.
- Les écarts IDF/Province/Outre‑mer viennent surtout de l’indemnité de résidence et de certaines primes d’affectation.
- Pour comparer rapidement, raisonnez par cas type (début, milieu, fin de carrière) et par zone : c’est plus clair que de parcourir toutes les grilles.
Vous débutez ou vous évoluez dans la police et vous cherchez une vision claire des montants ? Je reçois souvent cette question quand on parle d’affectation ou de mutation : comment lire les grilles indiciaires, et que couvrent (vraiment) les primes ? Dans cet article, je vous aide à décoder les grilles des salaires de la police nationale, à comprendre les différences par zone, par corps et par grade, et à visualiser les écarts concrets. Objectif : transformer un tableau technique en repère concret et utile, sans jargon inutile.
🔎 Sommaire
Ce que couvre une grille indiciaire de la police nationale

Pour bien lire une grille indiciaire police nationale, partez de l’essentiel : le grade, l’échelon, l’indice majoré (IM) et le traitement indiciaire. La grille affiche, pour chaque grade et échelon, un IM. Cet IM, multiplié par la valeur du point d’indice, donne le traitement brut indiciaire. Les primes s’ajoutent ensuite, séparément.
Indice majoré (IM) et indice brut (IB)
L’indice brut (IB) est une référence administrative. L’indice majoré (IM) est celui qui sert au calcul du traitement. Retenez : IM = base de calcul du traitement, IB = repère de classement. Les grilles affichent le duo IB/IM, mais c’est l’IM qui vous intéresse pour estimer votre salaire.
Valeur du point d’indice et calcul du traitement
Le traitement indiciaire se calcule simplement : IM × valeur du point d’indice = traitement brut mensuel. La valeur du point évolue lors des revalorisations de la fonction publique. Quand elle change, tous les traitements indiciaires évoluent mécaniquement, sans toucher aux échelons.
Échelons, grades et durées de progression
Chaque grade comporte des échelons avec des durées de passage (1 à 3 ans, selon les cas). En progressant d’échelon, l’IM augmente, donc le traitement aussi. Le changement de grade (par sélection, concours, ancienneté) repositionne dans une nouvelle grille, avec un IM en conséquence. Clair, progressif, et prévisible.
Grilles indiciaires police : par zone (IDF, Province, Outre‑mer)

La zone d’affectation influe surtout via l’indemnité de résidence (0 % / 1 % / 3 %) et certaines primes d’affectation. Le traitement indiciaire reste identique à grade/échelon donnés : ce sont les compléments qui créent les écarts. Voici les repères utiles avant d’ouvrir les tableaux.
Île‑de‑France (indemnité de résidence 3 % / 1 %)
En Île‑de‑France, de nombreuses communes sont à 3 % d’indemnité de résidence, d’autres à 1 %. Les services centraux et Versailles suivent des règles proches de l’IDF, avec des particularités d’implantation. Attendez‑vous à un net légèrement supérieur qu’en Province, à grade égal, du fait de cette indemnité et de certaines sujétions.
Province (0 % / 1 % / 3 % selon communes)
En Province, l’indemnité peut être de 0 %, 1 % ou 3 %, selon le classement de la commune. Beaucoup de villes sont à 0 %. La base indiciaire ne change pas : ce sont bien ces 1 à 3 % (et quelques primes locales) qui fabriquent l’écart. Avant une mutation, vérifiez le pourcentage exact de votre commune d’accueil.
Outre‑mer (DROM‑COM : Réunion, Antilles‑Guyane, Mayotte)
Outre‑mer, on retrouve l’indemnité de résidence et des dispositifs spécifiques (suivi du coût de la vie, affectations). La Réunion, Martinique, Guadeloupe, Guyane et Mayotte ont leurs propres repères. Concrètement : le traitement indiciaire reste le même, mais les compléments peuvent rendre le net plus élevé qu’en métropole.
Salaires par corps et par grade

Pour s’orienter, distinguez les corps. L’Encadrement et application (CEA) regroupe Gardien de la paix, Brigadier, Brigadier‑chef, Major. Les CRS ont des spécificités de mission et de primes. Les PATS relèvent de catégories B/C avec leurs propres grilles. On regarde toujours grade → échelon → IM, puis on ajoute les primes associées.
Encadrement et application (Gardien, Brigadier, Brigadier‑chef, Major)
Le CEA suit une progression classique : Gardien de la paix, puis Brigadier, Brigadier‑chef, et Major. Chaque palier apporte un IM supérieur et des responsabilités accrues. À échelon égal, le traitement indiciaire augmente à chaque changement de grade. Exemple simple : passer Brigadier‑chef depuis Brigadier élève l’IM, donc le brut, avant même les primes.
CRS (spécificités de grille et primes associées)
Les CRS relèvent de grilles proches du CEA mais bénéficient de sujétions liées à l’activité (déplacements, astreintes, rythmes). Les primes de service et d’intervention pèsent sensiblement dans le net, et expliquent des écarts avec un poste fixe équivalent en sécurité publique.
PATS (repères par catégories et indices)
Les PATS (personnels administratifs, techniques et scientifiques) sont positionnés sur des grilles de la fonction publique d’État, principalement en catégories B et C. Les repères clés restent IM, échelon et valeur du point. Les primes diffèrent du CEA : comparez à périmètre de poste équivalent pour vous faire une idée juste.
Primes et indemnités qui complètent le traitement
Le traitement indiciaire ne dit pas tout. Votre rémunération finale dépend aussi des primes et indemnités. Le plus important est de distinguer ce qui est récurrent (tous les mois) de ce qui est variable (selon horaires ou missions). C’est là que se joue la différence sur le net perçu.

Indemnité de sujétion spéciale police (ISSP)
L’ISSP est la prime spécifique au métier de policier. Elle vient s’ajouter de manière régulière au traitement indiciaire. Elle traduit les contraintes et responsabilités du métier. Son poids dans le net est significatif, et elle s’additionne aux autres sujétions le cas échéant.
Indemnité de résidence (0 %, 1 %, 3 %)
Cette indemnité dépend de la commune d’affectation : 0 %, 1 % ou 3 %. Elle augmente la rémunération en fonction du coût de la vie local. En IDF, beaucoup de communes sont à 3 %, ce qui explique des nets supérieurs à grade égal par rapport à une commune à 0 %.
Heures de nuit, dimanche et jours fériés (rappels de calcul)
Les sujétions d’horaires (nuit, dimanche, fériés) et certaines interventions déclenchent des compléments. Leur calcul suit des taux fixés par texte : pensez à vérifier vos états de service pour contrôler l’application. utile : ces primes varient d’un mois à l’autre selon votre planning.
- Récurrent : traitement indiciaire, ISSP, indemnité de résidence.
- Variable : nuit/dimanche/jours fériés, astreintes, déplacements (notamment pour les CRS).
Mon conseil : pour anticiper votre net, distinguez ce qui est garanti tous les mois de ce qui dépend de votre planning. Un simple tableau perso fait gagner en visibilité 😉
Comparatifs rapides IDF vs Province vs DOM

Plutôt que d’empiler les chiffres, visualisons les écarts à situations comparables. Même grade, même échelon : le traitement indiciaire est identique, mais l’indemnité de résidence et certaines sujétions créent des différences. Ci‑dessous, des repères pour vous orienter rapidement.
Début de carrière (Gardien, échelon 1)
En sortie d’école, l’écart vient surtout de l’indemnité de résidence. IDF à 3 % vs commune à 0 % en Province : le net est plus haut en IDF, surtout si votre service ajoute quelques sujétions. En DOM, des compléments spécifiques peuvent également hausser le net.
Milieu de carrière (Brigadier, échelon médian)
À ce stade, l’IM a progressé, donc le traitement aussi. L’effet pourcentage de l’indemnité de résidence se ressent davantage en euros. Les rythmes de service (nuit, week‑end) accentuent ou réduisent l’écart entre deux affectations.
Fin de carrière (Major, dernier échelon)
Dernier échelon : l’assiette étant plus élevée, les pourcentages d’indemnité pèsent plus lourd en valeur. Les postes plus stables peuvent générer moins de variables, mais les primes récurrentes restent au rendez‑vous.
| Cas type | Zone | Impact principal | Écart indicatif | Repère utile |
|---|---|---|---|---|
| Début (Gardien échelon 1) | IDF (3 %) vs Province (0 %) | Indemnité de résidence | Différentiel lié à 3 % sur le brut indiciaire | + sujétions selon planning |
| Milieu (Brigadier médian) | IDF (1–3 %) vs Province (0–1 %) | Indemnité + variables | Écart croissant avec l’IM | Variables amplifient l’écart |
| Fin (Major dernier échelon) | DOM vs Métropole | Régimes spécifiques DOM | Net souvent supérieur en DOM | Vérifier textes locaux |
Téléchargements et ressources utiles

Vous cherchez les tableaux pour vérifier un grade précis ? Voici comment accéder rapidement aux ressources attendues, et comment contrôler qu’elles sont bien à jour. Vérifiez toujours la date d’actualisation indiquée sur le document.
Tableaux PDF/CSV par zone et par corps
- Grilles indiciaires par zones (IDF, Province, DOM) et corps (CEA, CRS, PATS) : alliancepn.fr/infospratiques/grilles-des-salaires.html
- Grilles indiciaires et pensions (présentation synthétique) : un1te.fr/grillesindiciaires/
- Focus par indemnité de résidence et calendriers : alternativepn.fr (rubrique « traitements et pensions »)
Calendrier de paie et de pensions (repères d’accès)
- Calendriers de paie/pensions à consulter sur les sites syndicaux (ex. : alternativepn.fr) ou sur votre intranet ministériel.
- Astuce : conservez le dernier PDF et comparez la date à la version en ligne pour repérer une mise à jour.
Envie d’un repère simple pour décider de votre mobilité ? Comparez votre situation actuelle à la future sur trois lignes : IM/traitement, indemnité de résidence, sujétions probables. C’est rapide et efficace.
Au moment de choisir une affectation, lisez les grilles des salaires comme un tableau de bord : base indiciaire, puis compléments. Si vous avez un doute, priorisez la cohérence avec votre projet de vie (rythme, lieu) plutôt qu’un écart ponctuel. Vous utiliserez mieux les grilles des salaires de la police en raisonnant en scénarios concrets et non en chiffres bruts isolés.
FAQ
Quel est le salaire net d’un gardien de la paix en début de carrière ?
Le net dépend de votre zone (indemnité de résidence), de l’ISSP et d’éventuelles sujétions (nuit, dimanche). Le traitement indiciaire se calcule via l’IM et la valeur du point, puis on ajoute les primes : c’est ce mix qui fait votre net du mois.
Comment est calculée l’indemnité de résidence (0 %, 1 %, 3 %) ?
Elle est fixée par la commune d’affectation : 0 %, 1 % ou 3 %. Le pourcentage s’applique à la base indiciaire, ce qui augmente le brut. Deux policiers au même grade/échelon n’auront donc pas le même net s’ils ne sont pas dans la même zone.
Les CRS perçoivent‑ils des primes spécifiques par rapport aux autres policiers ?
Oui, des sujétions liées aux missions (déplacements, rythmes) peuvent s’ajouter. Le traitement indiciaire est comparable à grade équivalent, mais les variables de service et certaines primes font la différence en net.
Quelle est la différence de rémunération entre PATS et CEA ?
Les PATS (catégories B/C) et le CEA ne relèvent pas des mêmes grilles ni des mêmes primes. Comparez à périmètre de poste : IM/échelon d’un côté, natures de primes de l’autre. C’est la manière la plus juste de vous faire une idée.
La valeur du point d’indice impacte‑t‑elle immédiatement le salaire ?
Oui : quand la valeur du point évolue, le traitement indiciaire change mécaniquement. Le changement s’applique aux paies selon le calendrier d’actualisation indiqué par l’administration.

