💡 Pas le temps de tout lire ? Voici l’essentiel :
- Avec le code du travail, le 1er mai est obligatoirement chômé et payé ; les autres jours peuvent être travaillés selon l’entreprise et les accords.
- Un jour férié chômé n’entraîne pas de perte de salaire si vous remplissez les conditions d’éligibilité (ancienneté, règles internes).
- Si vous travaillez un jour férié (hors 1er mai), la majoration n’est pas automatique ; elle dépend souvent de la convention collective.
- Congés, maladie, RTT, ponts : chaque situation a un impact spécifique sur la rémunération et les récupérations.
Vous avez un doute avant un week-end prolongé ? Vous vous demandez si votre jour férié sera payé, majoré, ou « rattrapé » plus tard ? Je rencontre cette question chaque printemps avec des équipes qui jonglent entre plannings, conventions collectives et ponts à organiser. Rassurez-vous : on met de l’ordre, simplement.
Dans cet article, on clarifie vos droits et votre rémunération autour des jours fériés : liste des fêtes légales, travail possible ou non, maintien de salaire, majorations, ponts et journée de solidarité. Le tout, à la lumière du Code du travail sur les jours fériés et des cas concrets que vous vivez.
🔎 Sommaire
Code du travail pour les jours fériés : droits et rémunération
Jours fériés légaux et cas particulier du 1er mai

La base, c’est la liste des fêtes légales. Le code du travail recense les jours fériés applicables sur le territoire national. Votre convention collective ou un usage local peut enrichir ce socle (ex. : Alsace-Moselle, Outre-mer). Gardez en tête que chaque entreprise décide de chômer ou non la plupart de ces jours, sauf pour le 1er mai qui obéit à une règle stricte.
Quels sont les jours fériés légaux ?
La liste des jours fériés comprend : 1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, Assomption, Toussaint, 11 novembre, Noël. Selon votre région, des jours supplémentaires peuvent s’appliquer (on en parle plus bas). Ces fêtes légales servent de référence pour l’organisation du travail et la paie.
Dans la pratique, une entreprise peut décider que tel jour est chômé (repos) ou travaillé, selon la continuité de service, les besoins clients, et les accords en place. C’est une décision de gestion, souvent cadrée par la convention collective et le dialogue social.
Pourquoi le 1er mai est-il un cas à part ?
Le 1er mai est le seul jour obligatoirement chômé et payé. Il ne peut être travaillé que si l’activité ne peut être interrompue (ex. : hôpitaux, transports). Dans ces cas exceptionnels, il est rémunéré au double. Pour tous les autres cas, l’employeur doit accorder le chômage du 1er mai avec maintien du salaire.
Retenez donc : 1er mai = repos payé pour tous, et s’il est travaillé pour nécessité absolue : paiement doublé.
Code du travail et jour férié : chômé ou travaillé, quels droits ?

La règle générale est nuancée : les jours fériés, à l’exception du 1er mai, ne sont pas automatiquement chômés. La décision dépend d’accords collectifs, d’usages ou de l’organisation de l’entreprise. En contrepartie, le cadre prévoit des droits pour les salariés en matière de rémunération et de refus éventuel.
Jours fériés chômés : quand et pour qui ?
Un jour férié est dit « chômé » lorsque l’entreprise choisit de ne pas faire travailler ce jour-là. Dans ce cas, il n’entraîne pas de perte de salaire pour les salariés qui remplissent les critères d’éligibilité (ancienneté notamment) fixés par la loi et/ou la convention collective.
- Si le jour férié tombe un jour habituellement travaillé : maintien du salaire si vous êtes éligible.
- Si le jour férié tombe un jour non travaillé (ex. : votre jour de repos habituel) : pas de rémunération spécifique, sauf dispositions plus favorables.
Bon réflexe : vérifiez votre convention collective ; beaucoup suppriment toute condition d’ancienneté ou prévoient des dispositions plus favorables.
Jours fériés travaillés : conditions et dérogations
Hors 1er mai, travailler un jour férié n’est pas interdit par principe. La possibilité découle d’un accord collectif, d’un usage ou de la continuité de service. Le salarié peut rarement refuser en bloc si le travail ce jour-là est prévu par l’organisation ou le contrat.
La contrepartie (majoration, repos) n’est pas automatique en droit commun : elle dépend souvent de la convention collective, de l’accord d’entreprise ou d’un usage constant.
Salariés mineurs, secteurs dérogatoires et usages d’entreprise
Les salariés de moins de 18 ans ne peuvent en principe pas travailler les jours fériés, sauf dérogations sectorielles (ex. : hôtellerie-restauration, boulangerie, spectacles) et encadrement strict. Certains secteurs (santé, transports, commerce en zone touristique) ont des règles spécifiques pour assurer la continuité de service.
Mon conseil : demandez à votre RH le mémo interne « jours fériés ». Il synthétise souvent les pratiques maison : qui travaille, quelles compensations, quelles équipes en astreinte. Vous gagnez un temps précieux. 💡
Rémunération des jours fériés : maintien, majorations et compensations
La rémunération dépend d’un point clé : le jour est-il chômé ou travaillé ? Et s’agit-il du 1er mai ? À cela s’ajoutent vos modalités de travail (temps partiel, forfait-jours, travail de nuit/dimanche) et les règles conventionnelles. Voici un récapitulatif, puis les cas détaillés.
| Situation | Paie | Remarques |
|---|---|---|
| Jour férié chômé (éligible) | Maintien du salaire | Sans perte de rémunération si critères remplis |
| Jour férié travaillé (hors 1er mai) | Pas de majoration légale automatique | Compensation prévue par CCN/accord/usage |
| 1er mai chômé | Maintien du salaire | Obligatoire pour tous |
| 1er mai travaillé (nécessité) | Paiement au double | Cas limités aux activités ne pouvant interrompre |

Jour férié chômé : maintien de salaire et conditions d’éligibilité
Quand l’entreprise décide de chômer un jour férié, le salaire est maintenu pour les salariés qui remplissent les conditions prévues par la loi et/ou la convention collective (souvent une ancienneté minimale). Beaucoup d’accords suppriment ces conditions pour simplifier.
Le maintien s’applique si le jour férié coïncide avec un jour où vous auriez travaillé. S’il tombe un jour de repos habituel, il n’y a pas de rémunération spécifique.
Jour férié travaillé : majorations légales/conv. et repos compensateur
Hors 1er mai, le droit commun n’impose ni doublement ni majoration spécifique. La compensation découle de votre convention collective, d’un accord d’entreprise ou d’un usage (ex. : +25 % ou repos compensateur). Renseignez-vous auprès de votre RH ou de vos représentants.
- Si le jour férié coïncide avec un dimanche : appliquez aussi, le cas échéant, les règles du dimanche (majoration/compensation prévues par la CCN).
- Les heures effectuées ce jour-là peuvent déclencher des heures supplémentaires selon les seuils habituels.
Spécificité du 1er mai : rémunération et doublement
Le 1er mai est chômé et payé. Si l’activité ne peut pas être interrompue et que vous travaillez ce jour-là, votre rémunération est au double du salaire normal pour les heures effectuées ce jour-là (hors accessoires spécifiques prévus par accord).
Temps partiel, forfait-jours, travail de nuit/dimanche, heures sup.
Temps partiel : si le jour férié chômé tombe un jour où vous travaillez habituellement, votre salaire est maintenu au prorata. S’il tombe un jour non travaillé habituel, pas de paiement particulier.
Forfait-jours : un jour férié chômé n’est pas décompté comme jour de travail. La compensation en cas de travail un jour férié dépend de l’accord (repos compensateur, prime).
Nuit/dimanche : appliquez les règles du travail de nuit et/ou du dimanche en plus de celles du jour férié, si votre convention collective le prévoit. Côté heures supplémentaires, on reste sur les seuils et majorations habituels.
Effet sur primes (assiduité, ancienneté) et accessoires de salaire
Un jour férié chômé payé est neutre sur les primes d’assiduité lorsque l’accord l’indique ou quand l’entreprise l’assimile à du temps de travail effectif. Pour les primes d’ancienneté, rien ne change : elles suivent les règles contractuelles ou conventionnelles. Les accessoires (indemnités de panier, transport) s’appliquent uniquement si l’accord le prévoit.
Astuce paie : en cas de doute, demandez un exemple chiffré sur votre fiche de paie (avant/après jour férié). Une simulation vaut mieux qu’un long débat. 😉
Jours fériés qui tombent pendant congés, maladie ou repos : quels impacts sur la paie ?
Quand un jour férié s’invite dans vos congés ou votre repos, la question clé est : ce jour était-il chômé dans l’entreprise et tombait-il sur un jour habituellement travaillé ? La réponse conditionne le maintien, le report ou l’absence d’effet sur la paie.
Congés payés : perdu, reporté ou payé ?
Si le jour férié chômé tombe pendant vos congés annuels, il n’est en principe pas décompté de vos jours de congés. En revanche, s’il tombe un jour où vous ne travaillez jamais (ex. : samedi non travaillé), il n’y a pas de report automatique.
Vérifiez votre convention collective : certaines prévoient des règles plus favorables (report ou compensation explicite).
Arrêt maladie, maternité/paternité : maintien et incidences
Pendant un arrêt maladie, le jour férié n’est pas « rattrapé ». L’indemnisation suit les règles habituelles (IJSS, maintien employeur selon la CCN). En congé maternité ou paternité, le jour férié est sans effet : les indemnités légales continuent normalement.
RTT et repos hebdomadaire : quelles règles s’appliquent ?
Si un jour férié chômé tombe sur une RTT posée, la RTT reste en place sauf accord prévoyant le report. Sur le repos hebdomadaire (souvent le dimanche), un jour férié qui coïncide n’ouvre pas droit à compensation spécifique, sauf dispositions conventionnelles.
Période de grève : rémunération et droits
La grève suspend la rémunération pour la période concernée. Si un jour férié chômé coïncide, l’appréciation dépend du contexte (entreprise fermée ou non, portée du mouvement) et des textes applicables. Échangez avec votre RH pour sécuriser l’application dans votre cas.
Récupération, ponts et journée de solidarité : ce que l’employeur peut imposer

On distingue la récupération d’un jour férié chômé (interdite), l’organisation d’un pont (permise, avec récupération des heures) et la journée de solidarité (qui peut être fixée un jour férié, hors 1er mai). Ces choix impactent directement votre temps de travail et votre paie.
Les jours fériés chômés sont-ils récupérables ?
Non. Les heures « perdues » du fait du chômage d’un jour férié ne peuvent pas être récupérées. L’employeur ne peut pas exiger de rattraper ce temps, même étalé dans les semaines suivantes.
Ponts : récupération des heures et rémunération
Un pont (ex. : fermeture le vendredi entre jeudi férié et week-end) peut être décidé par l’employeur après consultation du CSE. Les heures non travaillées à cause du pont peuvent être récupérées dans la limite d’1 heure par jour et de 8 heures par semaine, sur une période fixée (souvent jusqu’à 12 mois).
- Les heures de récupération sont payées au taux normal.
- Elles ne comptent pas comme heures supplémentaires dans les plafonds légaux, sauf dépassements spécifiques.
Journée de solidarité un jour férié : cadre et paie
La journée de solidarité (7 heures pour un temps plein) peut être fixée un jour férié, sauf le 1er mai. Ces heures ne sont pas rémunérées dans la limite de 7 heures annuelles (ou l’équivalent pour les forfaits). Au-delà, elles sont payées dans les conditions habituelles.
Régimes spécifiques et différences locales
Tout le monde n’a pas le même calendrier. Certaines régions et secteurs connaissent des jours fériés supplémentaires, des interdictions renforcées ou des compensations particulières. L’objectif : s’assurer que vos droits et votre paie collent à votre contexte réel.
Alsace-Moselle : jours supplémentaires et rémunération
En Alsace-Moselle, s’ajoutent le Vendredi saint (dans certaines communes) et la Saint-Étienne (26 décembre). Le régime du travail les jours fériés y est plus protecteur : le chômage est souvent la norme, avec des dérogations encadrées.
Outre-mer et jours fériés locaux : applicabilité en paie
Des jours fériés locaux existent (ex. : abolition de l’esclavage selon les territoires). Les règles de rémunération suivent le même principe : maintien si chômé, compensation selon accord si travaillé. Vérifiez les arrêtés préfectoraux et accords locaux.
Secteurs avec dérogations fréquentes
Hôtellerie-restauration, santé, transports, commerce en zones touristiques : ces secteurs recourent régulièrement au travail les jours fériés pour assurer la continuité. Les contreparties sont largement conventionnelles (primes, repos compensateur, majorations).
Vous venez de parcourir l’essentiel. Pour agir maintenant, identifiez votre convention collective, vérifiez si le jour est chômé dans votre entreprise et regardez votre planning : vous saurez tout de suite si une compensation s’applique et sous quelle forme.
FAQ
Que dit le Code du travail sur les jours fériés ?
Il liste les fêtes légales et pose deux principes : le 1er mai est obligatoirement chômé et payé, et les autres jours peuvent être travaillés ou chômés selon l’entreprise et les accords. En cas de chômage, le salaire est maintenu si vous êtes éligible.
Quelles sont les conditions pour qu’un jour férié soit payé ?
Si le jour férié est chômé dans l’entreprise et tombe un jour habituellement travaillé, le salaire est maintenu pour les salariés remplissant les conditions (ancienneté, règles conventionnelles). Beaucoup de conventions suppriment ces conditions.
Quelles règles s’appliquent pour les jours fériés ?
Hors 1er mai, travailler un jour férié est possible si l’organisation le prévoit. La contrepartie (majoration, repos) dépend de la convention collective, d’un accord ou d’un usage. Si le jour est chômé, il n’y a pas de perte de salaire pour les salariés éligibles.
Est-ce que les jours fériés doivent être rattrapés ?
Non. Un jour férié chômé ne se « rattrape » pas. En revanche, un pont décidé par l’employeur peut entraîner une récupération des heures dans des limites fixées (1 h/jour, 8 h/semaine), payées au taux normal.
Le 1er mai est-il payé double ?
Oui, si vous travaillez ce jour-là parce que l’activité ne peut être interrompue. Sinon, le 1er mai est chômé et payé pour tous, sans perte de salaire.
Un salarié à temps partiel est-il payé un jour férié ?
Oui si le jour férié chômé tombe un jour où il travaille habituellement : maintien au prorata. S’il tombe un jour où il ne travaille jamais, il n’y a pas de paiement spécifique.
Références légales et ressources utiles
Textes de référence : articles L3133-1 et suivants du Code du travail (jours fériés), L3133-4 (1er mai), L3121-50 à L3121-52 (récupération des heures), dispositions relatives à la journée de solidarité, et régime particulier Alsace-Moselle (L3134-1 et suivants).
Ressources officielles : Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr et Ministère du Travail : https://travail-emploi.gouv.fr. Pour votre convention collective, consultez le Code du travail numérique : https://code.travail.gouv.fr.

